Après la mort du cinéma
Posté par David, le 17 février 2009 – 11:17 dans: Cinéma, Vodkaster, WebFormulée par Godard à l’époque de son/ses Histoire(s) du cinéma, la question de la mort du cinéma est aujourd’hui toujours d’actualité. Le cinéma est-il soluble dans le flot quotidien d’images ? Où se situe la cinéphilie à l’ère de YouTube et de la snack-culture ? L’année dernière, Brian De Palma faisait, avec Redacted, la proposition d’un cinéma englobant, conscient de la prolifération des images de toutes natures, et dont la vocation serait de donner sens à ce chaos en le contextualisant. Si ce virage — induit par l’émergence de la télévision puis de la vidéo et enfin la récente mutation du web en un média audiovisuel à part entière — est relativement récent du point de vue des oeuvres, les répercussions sur le spectateur ont, en revanche été quasi-immédiates.

C’est essentiellement en termes de consommation que la donne a changé. Si le vieux fantasme d’un accès universel et permanent à tout le cinéma n’est pas encore complètement assouvi, il est clair que le chemin parcouru depuis l’époque, pas si lointaine, où les plus passionnés étaient prêt à faire des milliers de kilomètres pour voir un film rare, est considérable. Extraordinaire amélioration de l’accès aux films donc, mais aussi de l’accès à l’information incarné par Imdb.com (au passage l’un des 50 sites les plus consultés au monde, 20ème aux Etats-Unis). Ceci étant dit, bien que ces deux évolutions aient permis d’accroître de manière significative la consommation de films (je parle bien sûr ici de toutes les formes d’exploitation, pas seulement de la salle) elles ont, semble-t-il, eu pour conséquence de faire disparaître, ou presque, la cinéphilie en tant que pratique sociale. La rareté et la difficulté d’accès aux films avaient pour effet de rassembler et d’agréger ainsi une pensée cinéphilique. Celle-ci n’a certes pas disparu, mais elle est maintenant extrêmement dispersée. On trouve ça et là des perles (une analyse scène par scène de Mulholland Drive, l’étude de la symbolique de montée et de descente de l’émotion dans Johnny Guitare, le thème du dédoublement dans Le Silence et Persona…), mais il n’existe encore aucun moyen de recueillir sur le web la densité sémantique dont sont capable les amateurs de cinéma. Dans ce contexte, Imdb se contente de rassembler les données cinématographiques et occulte, me semble-t-il, la connaissance.
Pourtant le potentiel du web pour faire vivre et partager cette connaissance est immense. Et à l’image de la section Internet de l’article de Wikipédia sur la Cinéphilie son utilisation n’est encore qu’embryonnaire :
Technologie assez récente, Internet joue pourtant un grand rôle dans la cinéphilie d’aujourd’hui. Formidable outil communautaire, il permet aux cinéphiles de se retrouver sur des sites web ou des forums à leur image.
Il s’agit donc de rassembler les connaissances et les individus autour de leur amour du cinéma, et de fonder ainsi une nouvelle cinéphilie : la cinéphilie 2.0 (à l’heure où les experts annoncent le déclin du terme web 2.0, tandis que nos politiques n’en connaissent pas encore la signification, l’expression est joliment désuète).
Rassembler ces individus et ces connaissances, c’est la mission de Vodkaster. D’abord, marginalement sur ce blog, puis (très vite) sur la plate-forme Vodkaster elle-même.
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