Blanc comme neige : le jeu concours
Posté par Simon, le 17 mars 2010 – 13:07 dans: CinémaAprès le très intimiste et réussi Une femme d’extérieur sorti en 2000, Christophe Blanc revient avec Blanc comme neige, aujourd’hui en salles.
Polar familial sur fond blanc, Blanc comme neige raconte la chute de Maxime (François Cluzet), concessionnaire de voitures de luxe prospère et épanoui, qui se retrouve mêlé à l’assassinat de son associé par une bande de mafieux.
Si le choix d’une atmosphère rugueuse et floconneuse rapproche d’emblée le film de Fargo des Coen ou plus encore d’Un Plan simple de Sam Raimi, c’est davantage du côté de La Nuit nous appartient de James Gray et de 7h58 ce samedi-là de Sidney Lumet, que lorgne Christophe Blanc pour la dimension tragique au sein d’une cellule familiale propre au film.
Louise Bourgoin en épouse idéale, Bouli Lanners en associé corrompu, Jonathan Zaccai et Olivier Gourmet en frères encombrants complètent le casting de ce thriller qui s’aventure jusqu’en Finlande.
Vous pouvez jouer dès à présent au quiz Blanc comme neige, qui vous invite à revisiter toutes ces scènes de films qui utilisent la neige comme toile de fond ou élément clé.
Jusqu’au vendredi 19 mars 18h jouez et tentez de faire un maximum de bons scores possibles. Chaque score dépassant 80 000 points vous offre une chance de gagner deux places gratuites.
2 commentaires | Tags: Blanc comme neige, Christophe Blanc, Cinéma, concours, François Cluzet, places gratuites, quizMicro-critiques : Les Chèvres du Pentagone, Chloe, La Rafle…
Posté par elvire, le 15 mars 2010 – 11:34 dans: CinémaLe principe de la micro-critique Vodkaster est de récolter sur Twitter les avis sur les films en salle. La limite des 140 caractères complique un peu l’exercice, mais fait aussi sa richesse : il faut être court, précis voire lapidaire… bref, aller à l’essentiel. Pour être sûr d’être publié ici il suffit d’ajouter le hashtag #microvk
Cette semaine ce sont Les Chèvres du Pentagone qui ont attiré les foules, et si certains attendaient davantage de rire, le film est majoritairement présenté comme drôle et barré, avec l’excellent George Clooney mis en avant. On salue également l’interprétation d’Amanda Seyfried, mais le film Chloe déçoit pourtant et beaucoup. On salue encore plus la prestation de Mélanie Laurent, dont le compte twitter est bombardé d’hommages à son jeu d’actrice. Tout le monde ou presque a pleuré pour La Rafle, d’autres ont été émus par Fleur du désert, ou ont apprécié un petit thriller à la française Sans laisser de traces.
Chloe :
- huygui : Chloe Sans surprise pour qui a vu la BA. Agréable à l’oeil malgré tout #microvk
- marivaudage Chloé c’est caca #microvk
- baptisteirl Vu Chloé vendredi et quel navet !!!! On dirait un mix d »idées sans aucun rapport ! Ne plus aller voir un film sans savoir de quoi ca parle !
- vinc17 Chloe (remake de Nathalie): bien sauf le scénario, décevant.
- sarah2f Chloe est superbement tordu et bien écrit. Amanda Seyfried est follement troublante (même pour une fille)
- vinc17 Cinéma. Les chèvres du Pentagone: creux (se résume à la bande-annonce)
- ArnaudC « Les chèvres du Pentagone » mi-figue mi-raisin. Du bon et du trop long.
- nekkoto Les chèvres du Pentagone, c’est drôle et avec un excellent casting mais je m’attendais à rire plus que ça. Ça reste sympatoche.
- C3r0m Les Chèvres du Pentagone : Un film qui donne envie de se shooter au LSD !
- Binary_Brain Viens de voir les chèvres du Pentagone. Si vous aimez les films space, sans scénario précis, où l’on ne s’ennuie pas, allez-y !
- CaptainNavarre « Les Chèvres du Pentagone » => Un bon petit truc barré, pas hilarant, mais néanmoins distrayant !
- tarkhaos Ciné: les chèvres du pentagone. Énorme, décalé, à voir sauf si l’on n’a pas de second degré. Un clooney touchant
- Guzol Les chèvres du Pentagone est un bon petit film bien marrant
- ManOnDaMoon Les Chèvres du Pentagone : extrêmement hilarant ! Malheureusement véridique (en partie).
- XguilX Les chèvres du Pentagone : WTF? Des jedis, des chèvres, du LSD… en Irak…
- Tom_Freres trouve que les Chèvres du Pentagone, George Clooney ou pas, c’est une bouse géante
- harnibal Au fait, « les chèvres du pentagone » : j’ai trouvé la 1ere partie irrésistible, la seconde assez confuse & Clooney génial dans les 2.
- noooooooooooon Les chèvres du pentagone c’était vraiment très drôle. Un bon moment. Mais sans plus. #microvk
- Ozymandale Je reviens de « pièce montée » c’est pas mal du tout, très méchant.
- websilone J’ai vu le film « Pièce Montée » ce soir… et bien… comment dire… non en fait je vais rien… il ne le mérite pas !
- Titebrunette Fleur du désert. Pas de mots pour ce film. Hormis, bouleversant…. Une réalité horrible. Une magnifique femme. Un destin exceptionnel.
- JLArfi Vu hier le Film « Fleur du Désert » de Sherry Hormann. Superbe! Histoire Forte, interprétation, image et son excellents. A VOIR et .. SAVOIR
- Boounz on vient de me raconter Sans Laisser de Traces, j’ai gagné 1h30.
- vanhelsing1260 Sans laisser de traces : très bon thriller français !
- fbourgeaud Sans laisser de traces, plutôt bien fait et totalement amoral, malgré un scénario aux ficelles parfois un peu grosses
- MargauxBoyenval a beaucoup aimé « Sans laisser de traces » Thriller français très bien fait, j’ai passée un bon moment
- LoicSimon a vu La Rafle… A voir absolument! Les acteurs sont excellents… Mélanie Laurent est magnifique et Gad Elmaleh d’une simplicité méconnue !
- JChauche Vient de voir La Rafle. Pas vu autant de mouchoirs depuis Titanic. Très bon film cela dit. a voir !
- nekkoto sort de « La Rafle » un peu chamboulé. Un des films sur la seconde guerre les plus réussis que j’ai vu. Bien dur, faut être en forme quoi…
- Janot13 La rafle….. on ne peut pas sortir indemne du ciné
- lucyinthesky4 la rafle c’est juste affreux. le devoir de mémoire ne justifie pas ce genre de non-cinéma bête, réducteur, racoleur et tt bonnement chiant.
- iznogoodgood Si justice n’est pas vengeance, le mauvais goût ne justifie pas la démarche. « La Rafle », les larmes au détriment du propos. Honteux
- zigzagtouch « Achille et la tortue » de Takeshi Kitano, un sommet de niaiseries morbides, un burlesque froid,une « trilogie de l’introspection » à vite oublier
- fbourgeaud Achille et la tortue. Inspiré, grave, poétique, burlesque, tragique et drôle . Takeshi Kitano is back
Microcritiques : Nine, The Ghostwriter, Precious…
Posté par Sarah, le 9 mars 2010 – 17:15 dans: CinémaLe principe de la micro-critique Vodkaster est de récolter sur Twitter les avis sur les films en salle. La limite des 140 caractères complique un peu l’exercice, mais fait aussi sa richesse : il faut être court, précis voire lapidaire… bref, aller à l’essentiel. Pour être sûr d’être publié ici il suffit d’ajouter le hashtag #microvk
Une semaine qui commence par les césars et qui finit par les oscars. Du coup, c’est pas passionnant dans les salles. Tout le monde a son avis sur Nine, qui reste dans l’ensemble un divertissement un peu décevant. Le grand gagnant (malgré polémique et autres anecdotes), c’est le dernier film de Polanski pour lequel les spectateurs semblent d’accord. Des avis différents pour Amer, avec des aficionados qui le défendent corps et âmes. Déception pour Daybreakers : ça bastonne, ça casse mais sans plus. Les deux belles surprises de la semaine sont Precious et Crazy Heart, deux films à Oscar et à spectateurs !
- huygui Nine Comédie-musicalesque, guillemauve et bling-bling #microvk
- antoinescuras Nine : Marshall qui ne sait toujours pas ce qu’est un musical livre un truc long, plat et reac. Hudson et Kidman survivent au fiasco #microvk
- knorc Nine : Un magnifique paquet cadeau avec rien à l’intérieur. De quoi haïr définitivement les comédies musicales. #microvk
- VaniPod J’ai aussi detesté Nine, les musiques étaient vraiment pas terrible. Et vu qu’il y a que ça durant tout le film…
- PharmaTaM Nine : Un plaisir pour les yeux et pour les oreilles (pour ceux qui aiment les comédies musicales, sinon passez votre chemin)
- vinc17 Cinéma: vu Nine. Décevant. Quelques belles scènes (dont 1 magnifique), excellent traitement de la couleur, mais film terriblement ennuyeux.
- lavieenseries « Nine » n’est pas un mauvais film, juste parfois un peu lent, mais les acteurs sont bons, voir même très bons
- toujoursraison Je viens de voir « Nine ». J’ai adoré. Et je vous emmerde.
- vorpal_rabbit nine….zero #microvk
- vlight a été voir « The Ghost Writer » hier soir et le recommande ! Ewan McGregor est décidément un grand acteur et Polanski un grand réalisateur.
- boutros007 a vu ce soir The Ghost Writer. Terrifiant ! Un très bon Polanski
- Valiou Bon, OK, je veux bien qu’on libère Polanski s’il refait des films comme Ghost Writer au lieu de jouer à touche pipi avec des adolescentes.
- fissafissa The Ghost Writer bon thriller politique avec un debut et une fin. Ca fait du bien parfois.
- CaptainNavarre « The Ghost Writer » => Une excellente surprise du sieur Polanski, qui m’a captivé / intrigué à tous points de vue.
- Aimelau Ghost Writer: Polanski bel et bien en vie…
- zigzagtouch « The Ghost-writer » de Roman Polanski, un thriller fin, efficace, un zest d’humour appréciable et en toile de fond une satire politique, so good.
- saintlaz vu Amer de Cattet et Forzani : c’est pas un cadeau. Un joli travail esthétique, mais pour le reste, ça manque de rythme. #microvk
- marivaudage Et, après une nuit de réflexion, c’est sûr: Amer est à ce jour le plus beau film de 2010 (3 salles seulement vs 400 pour Coursier, la honte)
- zigzagtouch « Amer » d’ Hélène Cattet et Bruno Forzani, attention ovni, réinterprétation du « giallo », frissons garantis mais peine à captiver sur la longueur
- HAL9100 Vu Daybreakers, vaut le coup pour qq bonnes scènes d’explosions sanglantes ou de décapitation à main nue, mais assez chiant dans l’ensemble
- Randomly_Peach Comment dire? Comment rendre la magnificence de Daybreaker? Peut être en disant qu’Ewan c’est Ian Solo?
- Paco15 Daybreakers est très très bof, dommage vu que le plot était intéressant
- Niko06 Ah oui au fait, vu Precious hier soir, concentré de tous les pires clichés du ciné indé… si ça récolte un oscar je me la coupe
- HAL9100 vu Precious, un film vraiment troublant. Super glauque, poignant et gerbant à la fois. Mariah Carey en assistance sociale m’a scié !
- zigzagtouch « Precious » de Lee Daniels, comment filmer l’innommable, un conte de fée moderne, Hollywood jubile et je reste perplexe, Todd Solondz me manque!
- Aimelau Crazy heart: Jeff Bridges comme au bon vieux temps de The big Lebowsky
- alexandremathis Crazy Heart n’est pas exigeant, ça se ressent bien. Après faut aimer le country…
- laternamagica Crazy Heart, c’est un sous-the wrestler justement. mais ca se regarde sans déplaisir. Et la musique est pas mal oui
- Daftdam Thelma, Louise et Chantal : m’efface le traumatisme de Foon !!!
[Concours] Gagnez 10×2 places pour Chloé de Atom Egoyan
Posté par Sarah, le 8 mars 2010 – 14:58 dans: CinémaAtom Egoyan, réalisateur canado-égyptien (vous parlez d’un héritage) revient avec son nouveau film : Chloé. Il y est question de fidélité, de couple, de féminité… et surtout de séduction. Comme à son habitude, le réalisateur aborde avec une sensibilité douce-amère le sujet de la solitude, de l’être face à quelque chose qui le dépasse. Pour personnifier cette perte de repère, il a choisi la flamboyante Julianne Moore. Dans Chloé, elle réussit (encore ?) à nous proposer une interprétation touchante, intelligente et sensuelle. Et en tant que spectateur, on ne peut qu’être scotchés et se dire en sortant de la salle « Mais qu’est-ce qu’elle joue bien Julianne ! ». Oui ! Parce qu’après plus de 30 ans de carrière, la belle rousse continue de nous surprendre et d’aligner les rôles.
Chloé, c’est le nouveau film qui respire la séduction et la sensualité. Et comme on veut vous en faire profiter, voilà un petit concours pour gagner vos places et pouvoir vous ruer dans les salles obscures à partir de mercredi (On vous dit rien mais en plus Julianne et Amanda Seyfried… bref).
Pour gagner vos places, il vous suffit de vous balader sur Vodkaster et de nous dire quelle est votre scène préférée avec la belle Julianne en copiant le lien dans le formulaire ci dessous. Si la scène que vous cherchez n’est pas encore disponible, n’hésitez pas à la publier. Mais attention, pour que votre participation soit validée, le lien doit pointer vers Vodkaster (Voir toutes les vidéos de Julianne Moore).
[Concours terminé]
Vous avez jusqu’au 10 Mars 14h (jour de la sortie) pour participer. Les gagnants seront tirés au sort et nous publierons ici le top des scènes les plus citées.
1 commentaire | Tags: Atom Egoyan, Cinéma, concours, Julianne Moore, places gratuitesOSCARS 2010 : Palmarès commenté
Posté par Simon, le 8 mars 2010 – 11:50 dans: CinémaKathryn Bigelow et ses démineurs terrassent Pandora
Première femme de l’histoire à remporter l’oscar du meilleur réalisateur (seules Lina Wertmüller, Sofia Coppola et Jane Campion furent nommées avant elle dans cette catégorie), Kathryn Bigelow est la grande gagnante de cette 82ème cérémonie des Oscars.
Partageant au départ 9 nominations avec Avatar, le film de guerre Démineurs a raflé l’oscar du meilleur film (première historique pour une réalisatrice), du meilleur scénario original et du meilleur montage, terrassant ainsi la superproduction de son ex-mari James Cameron, vainqueur aux Golden Globes.
Porté favori de la cérémonie, encensé par la critique des deux côtés de l’Atlantique, Démineurs avait pourtant connu plusieurs polémiques peu valorisantes ces derniers jours. Le producteur français du film, Nicolas Chartier, avait ainsi été interdit mardi dernier d’assister à la cérémonie, après avoir adressé un courrier électronique à l’Académie des arts et des sciences pour tenter d’influencer le jury. Malgré les excuses ultérieures du producteur qui priait l’académie de voter pour Démineurs et non pour « un film à 500 millions de dollars » (allusion à peine voilée à Avatar de Cameron), l’Académie avait décidé de le priver de tickets pour avoir enfreint le règlement des Oscars en portant un jugement négatif sur un film en compétition.
A peine quelques jours plus tard, une nouvelle controverse touchait le film de Kathryn Bigelow. Un sergent de l’armée américaine avait déposé une plainte mardi contre les réalisateurs du film qu’il accusait de s’être inspirés de son histoire. Selon son avocat, le sergent Jeffrey S. Sarver estimait que le scénariste Mark Boal avait puisé « quasiment toutes les situations » du film à partir d’événements qui lui sont arrivés en Irak. Le distributeur du film, Summit Entertainment, a par la suite rejeté dans un communiqué ces accusations, assurant que le film était basé sur un scenario fictif écrit par Mark Boal.
Des acteurs primés sans surprise
Côté acteurs, le palmarès est plutôt attendu, les favoris, tous déjà récompensés aux Golden Globes, ayant ici transformé l’essai. On peut d’emblée souligner la victoire de Sandra Bullock dans la catégorie meilleure actrice, qui crée à nouveau la surprise grâce à son rôle de femme riche prenant sous son aile une future star du football américain dans The Blind Side. Cette récompense est d’autant plus notable que la veille, l’actrice avait été récompensée du razzie de la pire actrice de l’année pour All about Steve (Michael Bay étant le grand gagnant de cette soirée anti-oscars avec Transformers 2).
Côté acteurs, c’est Jeff Bridges pour son rôle de chanteur de country dans Crazy Heart qui remporte le prix du meilleur acteur. Christoph Waltz empoche l’oscar du second rôle après le golden globe et le prix d’interprétation à Cannes. Et c’est Mo’nique, portée favorite, qui s’empare de l’oscar du meilleur second rôle pour Precious.
Enfin si Un Prophète repart bredouille, doublé non pas par le ruban blanc cette fois mais par un film argentin, Dans ses yeux, l’oscar du meilleur court-métrage a été décerné au film français Logorama visible ici.
1 commentaire | Tags: avatar, Démineurs, golden globes, James Cameron, Jeff Bridges, Kathryn Bigelow, oscars, Sandra BullockLes Oscars 2010 en direct !
Posté par David, le 8 mars 2010 – 00:15 dans: CinémaCette nuit a lieu la 82ème cérémonie des Oscars. Comme chaque année plusieurs favoris vont se disputer les précieuses statuettes. En attendant le début de la cérémonie, vous trouverez ci-dessous la vidéo live du tapis rouge…
Pour suivre la cérémonie en direct, ça se passe aussi sur twitter en suivant Vodkaster et IMtheRookie.
Aucun commentaire | Tags: avatar, Carey Mulligan, cérémonies, Cinéma, Démineurs, oscars, récompenses, Un Prophète, Une EducationLive Every Litre
Posté par elvire, le 5 mars 2010 – 17:15 dans: CinémaLe cinéma fait voyager. Phrase bateau qu’un présentateur aux Césars peu inspiré aurait pu prononcer dernièrement en guise d’introduction avant la remise d’un prix. Et pourtant si, cette vérité flagrante mérite d’être soulignée : cinéma et voyage sont intimement liés. Je ne parle pas des voyages imaginaires et fantastiques : dans le très attendu pays des merveilles de Lewis Carroll versus Tim Burton, ou dans les airs avec un vieux bougon et des tonnes de ballon, au centre de la terre, dans le passé ou dans le futur avec une DeLorean, etc… En restant à la surface de notre planète et dans notre espace temps, le film fait également voyager ses protagonistes et ses spectateurs dans des lieux réels et spécifiques qu’il nous démange alors de connaître par nous-mêmes, d’expérimenter à notre tour, de découvrir par nos yeux en gommant le filtre de la caméra, pour voir si c’est mieux en vrai, pour suivre les traces et poursuivre l’aventure.
Des carnets de voyage aux fuites en avant, aux cavales, des exils forcés aux traversées rocambolesques, des quêtes à accomplir aux vacances de touristes, les films et leurs personnages sont constamment en mouvement et sur la route. De l’autre côté de l’Atlantique ils en ont carrément fait un genre cinématographique à part entière. Mais le road trip n’est pas le monopole des Etats Unis, ni du cinéma. Dans la vraie vie aussi, on peut entreprendre ces voyages rêvés. Les internautes dont l’esprit vagabonde sur les routes vont avoir l’opportunité de concrétiser leur périple rêvé au volant d’une voiture et sous l’oeil d’une caméra.
Dans le cadre du lancement de la nouvelle CR-Z, une initiative a été proposée sur la toile. L’idée de Live every Litre mis en place par Honda est de proposer à n’importe qui d’inventer une expédition avec son thème et son parcours, et de lui permettre de réaliser ce circuit original qui lui tient à coeur. Embarqué dans la voiture, l’internaute choisi sera la vedette de son propre voyage et de son propre road movie. Pour participer à cette initiative, il suffit d’aller s’inscrire sur le site et de construire son projet en lui donnant un titre, et en traçant son parcours sur une carte d’Europe.
Du coup, pour l’occasion, on vous invite à plonger et partir en expédition sur Vodkaster pour trouver les scènes idéales pour illustrer votre projet de voyage, quel qu’il soit. Qu’il soit centré sur un lieu à forte valeur cinématographique ou non : les extraits peuvent juste donner un coup de pouce pour mettre en images et aider à se représenter ce futur film sur les voyages grâces à ceux déja filmés. Le terrain de jeu c’est l’Europe, le moyen, c’est la voiture et la star, c’est l’internaute. Pas de consignes, pas de limites, pas de restrictions dans vos envies : une route, une destination particulière pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde, ou un concept original pour une aventure à tenter…
Vous pouvez donc créer une playlist (en ajoutant le tag #lelfilm dans le titre) et vous en servir pour illustrer votre suggestion de voyage.
Pour vous inspirer, un premier exemple : Rouler, rouler, rouler en chantant à tue-tête et pas forcément très juste sans destination particulière
Autre idée de voyage plus géographiquement déterminée : revenir sur des lieux mythiques en partant par exemple à la recherche d’un coin d’Amérique en Espagne pour s’imprégner de l’univers des westerns spaghetti.
2 commentaires | Tags: Cinéma, route, voiture, voyageEn blanc et noir !
Posté par Sarah, le 5 mars 2010 – 15:53 dans: CinémaIl fût un temps où le cinéma était en noir et blanc. Du coup, on pense que la vie aussi était en noir et blanc, que Charlot avait la peau blafarde et que Michèle Morgan avait des yeux… euh… gris clair ? Le cinéma en noir et blanc est à l’image de quelque chose qui a vieilli, qui n’est plus. Ou est-ce peut-être quelque peu réducteur de dire ceci ? Parce que le noir et blanc, ça ne fait pas plus vieux que le muet, ou qu’un sépia marronnasse. Au delà d’un aspect esthétique qui semble avoir fait son temps, des cinéastes ont trouvé le moyen de rafraichir ce qu’on pensait du noir et blanc. Et puis pour nous rappeler qu’un « noir et blanc » ce n’est pas que deux couleurs, c’est aussi des gris plus ou moins foncés, des lumières, des nuances. Alors pourquoi, comment ? On regarde tout ça, exemple de changement de couleur !
En 1930, le technicolor existe déjà mais on l’utilise très peu vu son coût. Les caméras sont lourdes, et le processus de réalisation demande plus de temps : changer les lumières, avoir un consultant pour la couleur, utiliser potentiellement plusieurs caméras en plus de celle empruntées à Technicolor… C’est Becky Sharp, un film de 1935, qui est considéré comme le premier film en technicolor. Pour illustrer ce passage du noir et blanc à la couleur, Victor Flemming utilisera un sépia au début et à la fin du Magicien d’Oz : la couleur délimite ainsi les deux mondes et ajoute une valeur magique aux images du pays d’Oz.
Les films qui coûtent pas beaucoup
Comme ça coûte moins cher et que c’est beau, certains ne s’en privent pas. De nos jours, certains films à petit budget sortent encore des sentiers battus. C’est l’exemple de Clerks, ou même de La Haine, qui a été tourné en couleur, mais mis en noir et blanc. Si le film n’avait pas fonctionné en salles, il aurait été sorti en couleur.
Jusqu’en 1960, les studios naviguent entre les deux possibilités, et la couleur reste un artifice cher. Ainsi Alfred Hitchcock réalisera le célèbre Psychose en noir et blanc. Tout d’abord en défendant l’idée que le film coûterait moins cher, il ajoute que l’horreur qui apparaît à l’écran serait plus tolérable en noir et blanc plutôt qu’en couleur. Le film coûta en effet un tiers de moins que le budget donné. Hitchcock parle aussi du noir et blanc en tant que thème général du film : pour lui le scénario et la musique sont eux aussi en noir et blanc.
Le noir et blanc pour cacher l’horreur.
A partir de ce moment, l’utilisation du noir et blanc semblant obsolète, les réalisateurs qui oublient désormais la couleur font un choix esthétique important. Le concept que Hitchcock propose sera largement repris. Par exemple pour La Liste de Schindler, Spielberg a tourné toutes les scènes en noir et blanc sauf six séquences : une au début montrant la cérémonie juive du shabbat, trois séquences sur le manteau rouge d’une petite fille juive, une centrée sur les flammes des bougies allumées pour le shabbat dans l’usine d’armement et la scène finale tournée sur la tombe d’Oscar Schindler. Le réalisateur a voulu à la fois reprendre l’idée que les images que nous connaissons de la guerre ne sont pas en couleur, mais aussi dire qu’il était difficile de reproduire l’horreur de la guerre en couleur. Ainsi les quelques apparitions de la couleur tout au long du film ont un impact plus important sur le spectateur.
C’est le même procédé que Michael Haneke a récemment utilisé dans Le Ruban blanc : à la fois pour rendre la même image que les photos de l’époque, mais aussi pour affirmer une distance avec le sujet. La distance est également voulue dans C’est arrivé près de chez vous où les sujets controversés sont traités dans une forme peut-être plus tolérable.
Le noir et blanc qui fait joli ?
Dans les films de Woody Allen tournés en noir et blanc, là aussi l’absence de couleur renvoie à des thèmes précis du film. Stardust Memories est son hommage à Fellini et dans Manhattan, c’est le personnage principal qui donne cette couleur au film en disant : « Chapitre un : il adorait New York, il l’idolâtrait au-delà de toute mesure… Non, plutôt ça : Elle le rendait romantique à l’extrême… Quelle que fût la saison, cette ville lui semblait n’exister qu’en noir et blanc et ne battre qu’aux airs de Gershwin. »
De ce point de vue là, le choix du noir et blanc est aussi esthétique. Jim Jarmusch est un des réalisateurs qui a régulièrement tourné en noir et blanc : que ce soit pour l’ambiance, la lumière ou les couleurs qui en ressortent : Strangers in Paradise, Down by law ou encore Dead man portent tous la marque d’une esthétique poussée et d’une lumière travaillée. Bela Tarr utilise lui aussi le noir et blanc comme un élément cinématographique puissant comme dans Le Tango de Satan ou Damnation.
Mélange des couleurs…
Le mix des deux techniques peut également soutenir le récit : dans Memento, les séquences où le personnage principal est au téléphone ; Dans Kill Bill, on voit un générique référence tournée en noir et blanc ainsi que les flashbacks de la mariée. Même chose dans American History X où les séquences en noir et blanc se déroulent dans le passé. Dans Pleasantville, l’histoire même oblige l’utilisation des deux : la film a été tourné en couleur puis retravaillé pour les séquences en noir et blanc. Lorsque Betty Parker devient « colorée », son fils Bud la maquille en noir et blanc. Pour Sin City, seulement certains éléments sont en couleur, le film reprenant ainsi l’esthétique du comics de Franck Miller.
Même idée pour le mélange des deux : dans Rusty James, Coppola insère la couleur uniquement sur les poissons donnant un aspect fantastique à ceux-ci. Le noir et blanc renvoie à un quotidien assez banal et triste.
Dans Solaris de Tarkovski, le mystérieux changement entre les deux s’explique par une envie de définir ce qui, dans la vie, est en lumière, ce qui vit en couleur ou ce qui ne l’est plus. Wim Wenders utilise le même concept dans Les Ailes du désir, en définissant la vie des anges comme morne, comme grise.
Exemple ultime : Martin Scorsese va réaliser Raging Bull. Alors que Michael Powell assiste à une courte séquence de boxe, il lui signale que les gants de l’époque n’étaient pas rouges. Scorsese explique que sa principale volonté était donc d’éviter cette confusion « historique »…. Les réminiscences de LaMotta avec sa femme sont des séquences tournées en couleur : le présent est en noir et blanc, le passé est en couleur.
Tous ces exemples en noir, en blanc, en gris et en couleur sont dans la playlist En blanc et noir !
Pour ceux qui n’en ont pas eu assez, les coïncidences blogueuses font bien les choses : à lire sur le même sujet, l’article d’un confrère cinéphile, MoovyMemory[z].
2 commentaires | Tags: Cinéma, couleur, Francis Ford Coppola, Le magicien d'oz, Michael Haneke, noir et blanc, Raging Bull, Sin City, Steven SpielbergMicro-critiques : Shutter Island, A single man, Une éducation, Liberté…
Posté par elvire, le 1 mars 2010 – 12:30 dans: CinémaLe principe de la micro-critique Vodkaster est de récolter sur Twitter les avis sur les films en salle. La limite des 140 caractères complique un peu l’exercice, mais fait aussi sa richesse : il faut être court, précis voire lapidaire… bref, aller à l’essentiel. Pour être sûr d’être publié ici il suffit d’ajouter le hashtag #microvk
La sortie phare de la semaine c’est sans aucune surprise le nouveau Scorsese, du grand ou du moyen Scorsese, que l’on ait deviné la fin ou que l’on ne raffole pas de DiCaprio, tout le monde reconnaît du moins les qualités de l’adaptation et la patte du maître. Et les autres films ? Pour le single man et l’éducation, ce sont les acteurs, Colin Firth et Carey Mulligan qui ont plu, la mise en scène et le scénario pas systématiquement. Aucun engouement particulier pour Coursier et Thérapies de couple, les comédies de la semaine, plus ou moins drôles. Enfin Gatlif a touché avec son Liberté et Valérie Donzelli a agréablement surpris en reine des pommes.
- antoinescuras Shutter Island : Scorsese, fidèle, conserve l’inoubliable ambiguité finale du roman en citant Bergman a l’envi. Carton plein. #microvk
- huygui Shutter Island : Atmosphère bien pesante #EhBinNon Avant j’étais schizophrène, aujourd’hui nous allons bcp mieux #microvk
- VincenzoR Shutter Island, vu, un peu déçu, c’est pas du grand Scorsese …
- cloclo98 J’ai vu shutter Island hier … C’est a vous couper le souffle, pas de temps mort, que des bons acteurs, je le recommande.
- franche j’ai vu Shutter Island hier, sur le coup des incohérences m’ont énervées. Aujourd’hui je me rends compte que le film m’a marqué.
- Borisschapira Shutter Island vu vendredi soir. « Astuce » pré-sentie très tôt dans le film, du coup me suis ennuyée ferme… Sinon réal et photo top.
- alainlm vu Shutter Island et comprends tjrs pas pourquoi Scorsese s’est entiché de DiCaprio. Sinon, ça se laisse voir. Film du dimanche de tempête.
- DamienOusaci: Bien sympa Shutter Island. Il donne encore à réfléchir plusieurs heures après l’avoir vu. //même un peu trop!
- TheNiKnight Vu Shutter Island. J’ai bien aimé, la mise en scène est fluide et compréhensible, des plans caméras intéressants, mais un final déjà vu.
- peBlondeau A vu Shutter Island je dirai un film psychotique, paranoïaque, frissons garantis, des acteurs époustouflants, et un scénario très bien écrit !
- twanoo Shutter Island, sortie de salle. Ce film fait planer un certain malaise dans la salle… J’ai rarement vu le public aussi scotché !
- gavroche86 Pour moi c’est simple en deux mots, Martin Scorsese, au dessus de lui y’a personne, en dessous de lui y’a personne
- yvzn 2** Shutter Island – Faux-rythme soporifique rattrapé par un final prévisible mais bien amené; reste moyen pour un Scorsese
- spleenarcana back from Shutter Island… Bien mais pas top
- daffyfuck Il est fort ce scorsese. Y’a pas a dire, je retournerais bien sur shutter island.
- zigzagtouch « Shutter Island » de Martin Scorsese,définitivement à l’aise aux seins des grosses machineries Hollywoodiennes,un film maitrisé et soigné
Coursier :
- Gorguta Le coursier est pas si mal xD un pwal débile mais bon on y peut rien ya michael youn dedans
- lyzmedia « Coursier », une comédie livrée en express: Michaël Youn n’est assurément pas la crème du cinéma français…
- 4Sylde Le coursier : très bon film (pas du tout des conneries à la Mickael Youn) vraiment très sympa
- monsieurlam « Le Mac » avec Garcia + « Le Baltringue » avec Lagaf’ + « Le Coursier » avec Youn = « Dans le Merde », avec le cinéma action-lol français.
- zoontek Vu: Coursier. Un pur Europa Corp, pourtant sans Audi.
Liberté :
- Andie_crispy Liberté, de Tony Gatlif. Le premier film où j’ai pleuré APRES la fin. A voir.
- gaLri J’aime « Liberté » de Tony Gatlif. J’aime James Thierree qui y est magnifique et troublant. emotions
- zigzagtouch « Liberté » de Tony Gatlif,la gravité du sujet est dépassé,parfois convenu mais le souffle de liberté illumine et questionne notre époque
- kkookill Liberté: ou comment raconter un génocide sans verser dans le larmoyant. Un Tony Gatlif brute et dynamique.
- huygui A Single Man : Quelle claque ! Touchant et mélancolique. Interprétation vraiment remarquable #microvk
- HajarKsikes A single man ou l’insoutenable lourdeur du temps.Les couleurs flamboyantes rythment le tout et Colin Firth est tt simplement beau. #microvk
- Twitchaiev j’ai comme l’impression que Wong kar Wai a vu A Single Man avant de faire In the Mood for Love
- caromady A single man : uniquement pour la prestation de C Firth… Pas accroché dans l’émotion violonisante…
- IMtheRookie Pas dépourvu de qualités, A Single man tire trop sur la corde de l’austerité pour être vraiment brillant.
- zigzagtouch « A single man » de Tom Ford,assez pénible dans l’ensemble,d’une vacuité surprenante,touchant de naïveté et trop léché pour convaincre,stop!
- chamoi a Single Man est aussi lourd qu’un paris-brest.
- HAL9100 vu Une Education : c’était mignon pendant une heure (grâce à Carey), et après je me suis ennuyé.
- namietny Film « Une éducation » > Classique dans la forme et le propos, mais ose parfois là où on ne l’attend pas (générique, musique). A méditer…
- IMtheRookie Une Education a réveillé en moi une britannité insoupçonnée. Carey Mulligan est une actrice fantastique.
- Mogadishow Une éducation c’est très attendu mais aussi très bien joué. Mention spéciale à Carey Mulligan et Alfred Molina, tous deux excellents.
- amandecherie « Une éducation » : histoire d’amour aigre-douce dans une charmante campagne anglaise. Pas plus.
- Marivaudage Déçuuuu par An Education que j’attendais depuis si longteeeeemps, aaah. Finement écrit, remarquablement interprété mais vraiment pointless
- huygui Thérapie de couples : Paradisiaque, bon-enfant, léger. What else ? #microvk
- tharealglove Très bon film ce couples retreat « therapie de groupe »! Bien marrant!
- zigzagtouch « La reine des pommes » de Valérie Donzelli,l’ombre de Rohmer plane mais une pointe de perversité fantasque pimente ce marivaudage bricolé
- marivaudage So far, la perle des sorties de cette semaine, c’est le drôlissime (et rohmerien) La Reine des Pommes. Valérie Donzelli rules.
Le gros plan
Posté par elvire, le 24 février 2010 – 15:51 dans: CinémaDans la famille des plans il y a le plan général ou d’ensemble, l’américain, le rapproché, et en dernier vient le gros plan. Petit dernier et pas des moindres, le gros plan est partout. Ils sillonnent tous les films, de tous les genres, même si certains cinéastes en particulier en raffolent et en abusent. Il sert à isoler un détail, mettant l’accès sur une partie d’un tout ou un élément minime mais qui devient alors marquant. Un objet, un visage envahit l’écran dans son entier. L’attention attirée sur la précision quelle qu’elle soit, humaine ou inanimée, est rarement anodine et toujours signifiante.
Des visages à déchiffrer :
Le gros plan sert en majorité à cadrer les visages et constitue souvent le moment de l’analyse psychologique par excellence. En effet, ces plans serrés sur des belles gueules ne se font pas uniquement pour le plaisir des yeux et du spectateur. Un plan, un visage, une réaction. Ces plans de visage mettent en avant le jeu de l’acteur, son expression et visent à susciter une émotion, en incarnant, symbolisant, personnifiant même un sentiment : sur les marches d’Odessa, dans Le cuirassé de Potemkine le visage terrifiée de la célèbre mère au landau est un tableau des émotions de la peur à la souffrance.
Plus encore, lorsque le visage d’une personne envahit l’écran c’est comme si ce personnage nous livrait ces pensées. Parfois elles sont dures à déchiffrer, en fonction de l’expressivité de l’acteur ( sont mis à part les monofaciès), quand elles ne sont pas carrément absentes comme pour cette célèbre image finale de Greta Garbo incarnant la Reine Christine dans le film éponyme de Rouben Mamoulian. L’actrice fixe l’horizon à la proue d’un bateau et le plan se finit sur le visage marmoréen de l’actrice. Son visage semble dire beaucoup de choses et pourtant son indication de jeu était de « ne penser à rien » selon les termes du réalisateur.
Les visages des amoureux sont souvent passés au crible à travers des cadres serrés : des gros plans successifs sur le visage des deux amants nous montrent un désir ou une affection partagée, au moment du coup de foudre ou avant d’échanger un baiser. On plonge par exemple dans les beaux yeux de Michèle Morgan sur le Quai des Brumes.
Loin des belles gueules, loin des instants romantiques, le gros plan s’est aussi et surtout enraciné dans un genre en particulier pour ne plus le quitter : le western. C’est dans le duel, ou dans toute confrontation, qu’il s’épanouit le plus, imposant très vite l’équation majeure : gros plan + champ contre champ = tension à son comble. Les meilleurs exemples sont à piocher dans les films de Sergio Leone. Bel échange de regards à l’arrivée de l’homme à l’harmonica dans Il était une fois dans l’ouest, on s’observe, on se jauge, avant de se tirer dessus. C’est le moment de la confrontation qui réunit le plus de gros plans : visages contractés par l’angoisse et l’attente, ou au contraire serein et concentré (ce dernier survivra) entrecoupés d’insert sur le revolver prêt à être dégainé. C’est aussi la marque de Sergio Leone qui les exporte hors des duels, aimant représenter à l’écran la gueule abîmée de ces truands, ces brutes et même de ces bons comme le Blondin sacrément amoché après un petit passage dans le désert.
On a cité Sergio Leone, on peut citer un réalisateur qui puise souvent dans son héritage pour nourrir ses films : Tarantino. Pour le dernier duel féminin de Kill Bill 2, ce dernier met en place un échange entre trois yeux qui est d’autant plus justifié puisque bientôt il n’en restera plus que deux. Hommage incontesté au western qui en se rapprochant de ses personnages accroît la tension.
L’insert ou comment faire parler un objet :
Grâce aux gros plans il n’y a pas que les visages et les personnes qui parlent, les objets s’animent aussi en quelque sorte à travers les inserts. En mode grossissement ils en disent en tout cas beaucoup sur l’intrigue et servent la progression du récit en mettant l’accent sur un détail certes, mais frappant. C’est la fameuse clé de la cave à vin que Ingrid Bergman a volé à son mari dans Les enchaînés d’Alfred Hitchcock et qu’elle s’efforce péniblement de cacher. La clé devient, à travers la caméra du maître en la matière, l’objet du suspense aux sens littéral et figuré. C’est un plan rapide mais de plus en plus grossi sur une horloge qui nous fait comprendre que le temps presse, dans cette scène des Incorruptibles où Elliot Ness (Kevin Costner) jette des regards angoissés vers la grande aiguille.
Ils en disent parfois plus que les mots. Comme au début de Pas de printemps pour Marnie, où la Marnie en question change d’identité devant nos yeux en silence mais la valse des cartes d’identité sur son porte-feuille est suffisamment parlant et renseigne entre autres le spectateur sur les multiples vies qu’elle mène.
Et parfois même l’objet fait plus que parler, il fait passer des sentiments, comme le gros plan sur le couteau d’un assassin qui est aussi effrayant que le visage du tueur, d’autant plus quand on ne voit pas ce visage comme dans cette fameuse scène de douche dans le Psychose d’Hitchcock.
L’insert peut se justifier facilement quand l’objet aussi petit soit-il, est au centre de l’action, est le centre de l’action. C’est par exemple le gros orteil de la mariée de Kill Bill qu’elle voudrait bien réussir à bouger, ou c’est le précieux anneau au centre de la trilogie de Tolkien, rare objet au cinéma qui détient le premier rôle et qui par conséquent multiplie les inserts.
Le très gros plan, une autre dimension :
Enfin, à l’intérieur du gros plan, il y a le plan pour les très myopes, les très myros mais pas seulement : c’est le très gros plan. Il isole une partie d’un objet, une partie du visage. C’est Vincent Lindon qui détaille chaque parcelle du visage de Sophie Marceau dans L’étudiante à leur première rencontre.
Mais le très gros plan ce n’est pas juste un grossissement, il met en avant une perception différente de notre réalité, et ce changement de dimension est parfois un changement absolu de la donne, en créant un sentiment d’étrangeté, en nous montrant ce que l’on n’est pas habitué à voir. Ce sont les petites bêtes de Microcosmos dont on découvre le quotidien
Dans cette perspective, le très gros plan sert souvent dans les introductions, les (pré)génériques. Il présente une situation sous un certain angle, accorde quelques morceaux de vérité tout en gardant caché le principal. Ce sont les préparatifs du tueur en série de Seven dont on observe minutieusement le rituel avant de voir la première victime. Mais généralement le gros comme le très gros plan, en se rapprochant des choses et des gens tend à rapprocher le spectateur d’une vérité entière ou partielle.
Pour quelques bribes de vérité en agrandissement , se reporter à la playlist sur les gros plans
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